WSoP 2014: Un pro remporte le Main Event, Martin Jacobson dans l’Histoire.

Il y a pratiquement un an jour pour jour, le suédois Martin Jacobson venait à bout d’un field de 6 683 joueurs pour s’adjuger les 10 millions de dollars réservés au gagnant, et surtout devenir le nouveau vainqueur du Main Event des World Series of Poker.

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C’est quoi le Main Event des WSoP ?

C’est le tournoi principal des WSoP tenus chaque année à Vegas. La première édition eu lieu en 1970 et vit Johnny Moss l’emporté sur les sept participants de l’épreuve. Depuis, l’organisation et les enjeux que suscitent le Main ont considérablement évolué. En 2003, un certain Chris Moneymaker issu des tournois qualificatifs sur internet remporte 2.5 millions de dollars et devient le premier amateur/anonyme a remporté le Graal du poker. A partir de ce conte de fée made in USA, le Main Event verra son taux de participation exploser à chaque édition pour atteindre des audiences monstrueuses.

Aujourd’hui considéré comme le plus gros tournoi annuel du circuit, le Main Event regroupe chaque année plusieurs milliers de joueurs venus des quatre coins du globe pour tenter de remporter les prix gargantuesques réservés aux derniers survivants de cette boucherie (10 000 dollars l’inscription multiplié par la totalité du field = beaucoup beaucoup d’argent !) ainsi que le titre de Champion du Monde (prestige/gloire/buzz/fame/tout ça)

Alors forcément, dans un tournoi qui réunit des milliers de joueurs et qui s’étend sur plus d’une semaine, il est difficile même pour les meilleurs joueurs de la planète de se distinguer au sein de ce marathon.

Dans l’histoire du Main Event moderne (post Moneymaker j’entends), le costume du champion a toujours été porté par un joueur méconnu du grand public. Certains furent même décriés comme des joueurs très limités dans la science du jeu (n’est ce pas Jamie, Jerry et Joe ?).

Jusqu’à ce que ?..

Lors de l’édition de 2014, un certain Martin Jacobson finit le Day 1 chip leader et suscite une première attention de la part de la planète Poker. Le suédois est un régulier du circuit professionnel, avec un total de 5 millions de dollars de gain, ainsi que plusieurs tables finales dans des tournois majeurs (deux fois runner up et une fois 3ème pour les EPT !). A partir de là, Jacobson ne quittera plus le top 30 à l’issue de chaque journée, en édifiant petit à petit un stack conséquent. Car oui le scandinave n’est pas un joueur ultra LAG (Loose et AGro = joue beaucoup de mains en mettant constamment la pression sur l’adversaire) comme l’aurait laissé deviner sa nationalité. Jacobson a fait preuve tout au long du tournoi de beaucoup de calme et d’intelligence en choisissant précisément ses spots, et en s’abstenant de jouer des pots dangereux pour l’intégrité de son tapis. On a notamment pu le voir extrêmement patient en table finale dans une position de short stack qu’il a gérait à la perfection afin de remonter au fil des postions pour finalement l’emporter devant le norvégien Felix Stephensen et le néerlandais Jorryt van Hoof (Europe > USA).

Martin Jacobson est donc le premier joueur professionnel et réputé à remporter un Main Event moderne, une performance historique, qui va être extrêmement difficile à égaler (bien essayé Daniel !), on lui dit merci et félicitations ! Preuve que le talent prédomine sur l’alétoire au Poker !

Les highlights de Jacobson sur le Main 2014

Le Hendon Mob de Jacobson

Free to play: The Movie ou la Révolution de l’e-sport

Ce documentaire est sorti en 2014, et réalisé par l’importante société américaine de développement vidéo-ludique Valve Corporation, à laquelle on doit notamment les séries Counter Strike et Portal.

Ce film narre le déroulement en 2011, de la première édition de « The International », le tournoi annuel majeur d’e-sport basé sur le jeu Dota 2 (et bien entendu développé par Valve). L’édition se tenait à Cologne, rassemblant les meilleurs « teams » du globe, et promettant un million de dollars à celle qui finirait sur la plus haute marche. Parallèlement à cela, le film dresse les portraits de trois joueurs professionnels, aux parcours atypiques, et qui sont en lice avec leurs équipes respectives pour prétendre au million de dollars. Ainsi, on fait la connaissance de Benedict « Hyhy » Lin, un singapourien qui risque le bon déroulement de ses études pour se rendre à Cologne. Ainsi que du petit prodige ukrainien Danil « Dendi » Ishutin, garçon réservé, qui tire sa force de son agressivité sur Dota 2 et de son expérience de pianiste pour la gestion du « spam » de clavier. Puis, enfin de l’expèrimenté américain Clinton « Fear » Loomis, vivant dans une certaine précarité, mais qui visiblement n’affecte pas son amour pour le jeu.

Même si Free to play a le mérite de dresser un tableau neuf et dynamique sur le monde émergent de l’e-sport, le film manque finalement d’authenticité. Il faut noter l’absence d’un réalisateur unique, qui aurait pu insuffler un certain regard sur son sujet traité. Au lieu de cela, Free to play s’apparente d’avantage à un gros reportage bien produit, qui exploite un fil conducteur quelque peu maladroit, en altérant les repères temporels au cours des différents portraits réalisés.

Il faut tout de même reconnaitre au film son traitement sur le phénomène de l’e-sport, notamment lors de quelques séquences intenses, au coeur des matchs à enjeux du tournoi, avec une salle de spectateurs surchauffée, et où les joueurs surpassent leurs limites émotionnelles.

Free to play se conclut sur l’avenir de cette pratique à en devenir qu’est l’e-sport. Les joueurs et organisateurs expliquant que ce prix record d’un million de dollars n’est que le point de départ d’une nouvelle ère. L’e-sport est déjà considéré comme sport officiel dans plusieurs nations asiatiques. La médiatisation et les attraits financiers autour du jeu de compétition se multiplient chaque année. En témoigne l’édition de « The International » en 2014, où la team chinoise « Newbee » remporta le tournoi ainsi qu’un chèque de plus de cinq millions de dollars.

« Je pense que dans quinze ans, l’e-sport sera plus important que le football. »

Docu’ et Poker: Nosebleed

Nosebleed est un documentaire de Victor Saumont qui suit le parcours de Seb Sabic et Alex Luneau, deux prodiges du poker online. Ils jouent tous deux sur les plus grosses parties de cash-game de la planète et cumulent plusieurs millions de dollars de gain chaque année. Ce long métrage s’attarde sur leur été 2014 à Vegas, où les deux amis vont tenter de glaner un des nombreux titres W.S.O.P. (championnats du monde de poker annuels).

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En dépit des nombreuses analyses techniques qu’offre le documentaire sur la pratique du poker à haut niveau, ce film plonge dans l’intimité de deux joueurs français qui se sont installés dans le top niveau mondial de cet exercice peu connu: les high-stakes (les parties de cash-game sur Internet les plus chères).
Victor Saumont, armé de son caméscope, se met à suivre les deux joueurs de Londres jusqu’à Vegas. Le dialogue entre le réalisateur et ses «sujets» est spontané. Alex Luneau et Seb Sabic se dévoilent de manière décomplexée face à l’objectif, expliquant comment ils en sont arrivés jusque là, comment la communauté high-stakes a évolué en sept années (les deux joueurs ont commencé en 2007), et ô combien il serai difficile aujourd’hui de gravir les différents paliers de cette ascension.
Malgré un style de vie qui peut parfois «choquer» (le coût de la vie nocturne à Vegas), Luneau et Sabic se révèlent attachants et sincères à travers leurs impressions recueillies à chaud tout le long du film, instaurant un climat de convivialité avec le spectateur.

Nosebleed est un documentaire assigné avant tout aux passionnés de poker (beaucoup de jargon technique et de guests sympas des têtes connus du circuit), mais il a le mérite d’exister et ce dans une société qui ignore encore beaucoup la pratique du poker professionnel ainsi que la communauté qui vient avec.

Le film disponible ici.

Indie Game: The Movie ou l’Art Vidéo-ludique

L’industrie du jeu-vidéo est assimilable à celle du cinéma. Vulgairement, on pourrait y distinguer deux tendances:

-Les jeux vidéos conçus par les grands groupes (Microsoft, Sony, Nintendo, Rockstar Games ou encore Electronic Arts), avec des boites de développement/édition gigantesques employant plusieurs milliers de personnes. Cette branche est comparable à l’industrie hollywoodienne du blockbuster.

-D’un autre côté on a quelques passionnés aux moyens dérisoires, qui créent d’avantage par passion que par volonté financière. Ces INDÉPENDANTS depuis quelques années se voient la possibilité de diffuser massivement leurs créations via des outils de communication modernes, tel que les plateformes de distribution (Steam).

Indie Game: The Movie suit les périples de développement/diffusion de trois jeux ainsi que les aléas de leurs créateurs:

Braid de Jonathan Blow (review Hooper: http://www.youtube.com/watch?v=sYpAfGKOtl0)

Fez de Phil Fish (direct live Hooper: http://www.youtube.com/watch?v=Oc7Z4zHFP9k)

Super Meat Boy d’Edmund McMillen et Tommy Refenes (direct live Hooper: http://www.youtube.com/watch?v=N7XoNMqebcQ)

Ce documentaire réalisé par James Swirsky et Lisanne Pajot, et sorti en 2012, nous plonge plusieurs mois dans l’intimité de ces développeurs indés. Loin d’être présenté comme des machines automatisées à programmer à longueur de journée des codes dans un ordinateur, ces personnes sont avant tout décrites comme sensibles et dotés d’un potentiel créatif et artistique hors du commun.

Un film puissant et poignant sur ces artistes méconnus du grand public, qui surpassent leurs conditions (travail laborieux, pessimisme, échec) et donnent un regard neuf sur la place du médium vidéo-ludique en tant que forme d’expression.

Les indépendants conçoivent des œuvres intimes, liées à leurs vécus et leurs émotions. Ces jeux s’opposent aux standards blockbusters réalisés par plusieurs dizaines ou centaines de développeurs. La scène indépendante est avant tout une création d’auteur et par conséquent qui correspond à la définition d’une œuvre d’art.

 

 

Site officiel du film: http://buy.indiegamethemovie.com/

Site IMDB: http://www.imdb.com/title/tt1942884/

 

Focus on Jon Hallur Haraldsson

Des premiers thèmes 8 bits à Kôji Kondô (compositeur entre autre des bande originales de la série Mario et Zelda), il n’y a pas plus de deux décennies d’écart.

La musique dans les jeux vidéos s’est naturellement développé en fonction de la technologie des machines. Aujourd’hui son statut est tel que les compos vidéo-ludiques ont pris un rôle à part entière. Les rythmes et tempos ne servant plus uniquement à accompagner les actions du gamer, désormais les créations musicales revêtent un aspect indépendant et peuvent aisément se détacher de leurs supports initiaux. Certains musiciens sont considérés comme de véritables rock-stars et enchainent les concerts aux quatre coins du globe (le Japon comme foyer principal de cette démarche culturelle).

Mon parti pris est de pointer du doigt un compositeur encore trop peu connu du très grand public:

Jon Hallur Haraldsson compositeur islandais et responsable de la bande originale de Eve Online (petit mot concernant Eve, MMORPG totalement à l’opposé des standards du genre. C’est un jeu éminemment complexe et complet prenant vie dans un univers S.F.. Vous incarnez non pas un personnage mais un vaisseau spatial. Pour les intéressés je post ci joint une vidéo réalisé par l’équipe de LFG, c’est un peu brouillon mais très intéressant, ces mecs sont de vrais passionnés ils savent de quoi ils parlent: http://www.youtube.com/watch?v=IluNUoAaT9M). Image

La musique électro de Haraldsson peut être caractérisé d' »ambient deep space ». Ses mélodies s’inscrivent dans des influences 80’s/90’s proches de Vangelis, J.M. Jarre et même d’Aphex Twin et Prodigy.

Une de ces interviews en anglais: http://www.originalsoundversion.com/eve-online-composer-interview-jon-hallur-haraldsson/