Nouvel an à Molenbeek

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C’est le 31 décembre, la soirée la plus casse-tête de l’année. On fait quoi ? Question fatidique et surtout répétitive. Tous les ans nous sommes censés « faire un truc » pour saluer l’arrivée d’une nouvelle révolution de notre Terre autour du Soleil. Trop cool.
Dans mon cas et comme chaque année, l’organisation commence à peine trois semaines avant la date fatidique. Résultat, le 26 décembre, nous ne savions toujours pas bien où nous allions. Les deux années précédentes, un petit séjour dans le bordel d’Amsterdam un 31 décembre. C’était bien, sans plus. On savait qu’il y avait un festival chaque année qui officiait à Bruxelles avec plusieurs grosses scènes, de prestigieuses têtes d’affiche et des milliers de fêtards.
On prend notre billet trois jours avant sans trop savoir dans quoi nous nous embarquons.
Le lendemain, on apprend que plusieurs arrestations dans le cadre de la lutte anti-terroriste se font au sein de la capitale belge. Très vite, tout s’emballe et la quasi totalité des évènements est annulée pour le réveillon à Bruxelles.
Mais pas notre festival, comble de l’ironie, l’adresse du site (que l’on consulte 48h avant le départ, bah oui l’organisation c’est pas notre truc) indique Molenbeek, soi disant capitale européenne du djihadisme, un quartier que « la France devrait bombarder » selon notre cher et sage Eric Zemmour.
Alors certes ça refroidit, avec le traumatisme encore tout frais des attentats de Paris et les médias qui ne cessent d’évoquer les risques imminents pour le 31 décembre. Sur les réseaux sociaux ça s’emballe, plusieurs personnes crient à l’inconscience et souhaitent l’annulation du festival.

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De notre côté, on se pose pas trop de questions et on maintient le plan initial. Pourquoi on se soumettrai à la hantise ambiante ? On y va pour s’amuser, pour finir une année noire avec le sourire aux lèvres, pour prouver que même en ces temps difficiles et dans une zone sensible, on peut passer au dessus de tout ça et s’éclater.
Nous arrivons sur place aux alentours de 23h30, la rue grouille de policiers et de sécurité en tout genre, des pétards claquent un peu partout, l’ambiance est spéciale, ça ne respire pas la joie et la sérénité.
Pourtant, une fois passé les contrôles et ingurgité quelques bières, la musique et l’ambiance prennent très rapidement le dessus sur le climat dehors et la soirée peut débuter. Ma première impression à l’intérieur c’est de constater qu’il y a du monde, beaucoup de monde. Toutes les scènes sont pleines à craquer, l’ambiance est bonne, très bonne même. J’aperçois la fin du live de Vald, j’ai beau ne pas être un grand fan de sa musique, forcé de constater qu’il sait comment enflammer une foule, le gars se donne à fond, gueule dans tous les sens, un vrai show.
Le reste de la nuit se déroule comme tout bon festival, musique, boire, fumer, déambuler, sympathiser avec des mecs encore plus torchés que toi, payer sa 5ème clope, trous noirs, tout ce qu’on aime en fin de compte. Au passage, grosse performance de Monsieur Jeff Mills, le mec le plus classe de la scène techno de Detroit/Chicago.

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Les dernières scènes se stoppent aux alentours de 6h du matin, une poignée de survivants est encore là à se trémousser de manière approximative, le festival est déjà fini. Merci Fckn Beat pour nous avoir offert une vraie soirée de nouvel an. On reviendra sans hésiter l’an prochain, dans un contexte surement plus favorable, avec une audience complète, car oui cette année il y avait deux fois moins de festivaliers que l’an dernier.

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