Free to play: The Movie ou la Révolution de l’e-sport

Ce documentaire est sorti en 2014, et réalisé par l’importante société américaine de développement vidéo-ludique Valve Corporation, à laquelle on doit notamment les séries Counter Strike et Portal.

Ce film narre le déroulement en 2011, de la première édition de « The International », le tournoi annuel majeur d’e-sport basé sur le jeu Dota 2 (et bien entendu développé par Valve). L’édition se tenait à Cologne, rassemblant les meilleurs « teams » du globe, et promettant un million de dollars à celle qui finirait sur la plus haute marche. Parallèlement à cela, le film dresse les portraits de trois joueurs professionnels, aux parcours atypiques, et qui sont en lice avec leurs équipes respectives pour prétendre au million de dollars. Ainsi, on fait la connaissance de Benedict « Hyhy » Lin, un singapourien qui risque le bon déroulement de ses études pour se rendre à Cologne. Ainsi que du petit prodige ukrainien Danil « Dendi » Ishutin, garçon réservé, qui tire sa force de son agressivité sur Dota 2 et de son expérience de pianiste pour la gestion du « spam » de clavier. Puis, enfin de l’expèrimenté américain Clinton « Fear » Loomis, vivant dans une certaine précarité, mais qui visiblement n’affecte pas son amour pour le jeu.

Même si Free to play a le mérite de dresser un tableau neuf et dynamique sur le monde émergent de l’e-sport, le film manque finalement d’authenticité. Il faut noter l’absence d’un réalisateur unique, qui aurait pu insuffler un certain regard sur son sujet traité. Au lieu de cela, Free to play s’apparente d’avantage à un gros reportage bien produit, qui exploite un fil conducteur quelque peu maladroit, en altérant les repères temporels au cours des différents portraits réalisés.

Il faut tout de même reconnaitre au film son traitement sur le phénomène de l’e-sport, notamment lors de quelques séquences intenses, au coeur des matchs à enjeux du tournoi, avec une salle de spectateurs surchauffée, et où les joueurs surpassent leurs limites émotionnelles.

Free to play se conclut sur l’avenir de cette pratique à en devenir qu’est l’e-sport. Les joueurs et organisateurs expliquant que ce prix record d’un million de dollars n’est que le point de départ d’une nouvelle ère. L’e-sport est déjà considéré comme sport officiel dans plusieurs nations asiatiques. La médiatisation et les attraits financiers autour du jeu de compétition se multiplient chaque année. En témoigne l’édition de « The International » en 2014, où la team chinoise « Newbee » remporta le tournoi ainsi qu’un chèque de plus de cinq millions de dollars.

« Je pense que dans quinze ans, l’e-sport sera plus important que le football. »