Watchmen: Le blockbuster « misanthrope »

L’ouverture du film, à travers des plans ralentis entrecoupés de fondus au noir, présente une Amérique alternative plongée en pleine Guerre Froide prête à dégénérer en conflit nucléaire. L’équilibre entre les deux blocs ne tient qu’à un fil, en partie grâce à Dr Manhattan, un ancien scientifique victime d’un accident qui lui a permis d’acquérir de multiples pouvoirs. Assimilé à Dieu lui même de par ses nombreux dons, ce personnage maintient l’ordre mondial tout en aidant les forces américaines au sein du globe. Ainsi les États-Unis remportent la guerre du Vietnam.
Cependant il faut noter que tout au long du film, Dr Manhattan est incapable de communiquer ni même comprendre le genre humain. Sa relation avec Laurie se détériore dés la première moitié de l’œuvre. Ce protecteur divin se désintéresse totalement de l’espèce qu’il défend. A tel point qu’il préfère passer la majeure partie de son temps sur Mars. Il note l’infinitésimal de la Terre au sein de l’échelle de l’univers et donc l’absurdité que notre Monde a de s’autodétruire (idée que l’on retrouve dans le livre de Carl Sagan: Pale Blue Dot).
Zack Snyder dépeint lui une atmosphère urbaine sanglante et hostile, et où les rues sont un terrain d’affrontements violents. Le futur de l’humanité n’offre que la perspective fataliste d’une apocalypse nucléaire. Les seuls instants reposants et harmonieux du film se déroulent sur Mars, où la beauté des paysages plats et désertiques contrastent avec les décors urbains sales et bruyants.
Le Comédien quand à lui, sorte de Rambo masqué et membre des Watchmen assassine gratuitement les citoyens américains en prétextant les protéger « d’eux même » et critiquant ouvertement le rêve américain.

Watchmen s’inscrit dans ce contexte de films de super-héros post 11 septembre. En effet plusieurs séquences du film proposent en arrière plan de l’image, et ce de façon très subtile, les Twin Towers de Manhattan. De plus la ville de New-York finira ravagée par une explosion (idée que les villes occidentales sont désormais vulnérables). Ce traumatisme du 11 septembre ravive celui de Hiroshima et de la peur du nucléaire. Le film de Snyder s’inscrit dans une moindre mesure à cette idéologie de l’absurde (cf Albert Camus).
«Depuis l’aube de la conscience jusqu’au milieu de notre siècle, l’homme a dû vivre avec la perspective de sa mort en tant qu’individu ; depuis Hiroshima, l’humanité doit vivre avec la perspective de son extinction en tant qu’espèce biologique.»
Arthur Koestler
Extrait de Face au néant

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